Les secrets de la Scuola Italiana di Canto

Maria Callas ... La Scala di Milano... Gino Bechi... Leyla Gencer... Renata Tebaldi... Beniamino Gigli... Il Teatro San Carlo di Napoli... Tout un univers de beauté, constellé de spectacles d’opéra inoubliables, avec leur cortège de noms prestigieux… La Scuola Italiana de l'opéra a donné au monde certains de ses plus grands artistes lyriques et l'on entend encore résonner l'écho de leur talent, la bravura de leurs vocalises et leurs pianissimi éthérés...

La beauté du geste vocal

La Scuola Italiana di Canto, qui s'exprime dans les interprétations de ces grands chanteurs d'opéra, transmet par l'exemple une passion de la musique, une attitude de l'artiste, un respect des traditions musicales, la connaissance des finesses du style, un amour du théâtre et une recherche absolue de la beauté de la voix. Ils sont heureux de transmettre un « geste vocal » naturel, lié, sonore et simple, souple et efficace, destiné à porter le mieux possible l’interprétation théâtrale et la musique.

Ce geste vocal séculaire repose sur la distribution du souffle, le legato, l’utilisation de la résonance, la belle qualité de la vibration nella maschera, l’apprentissage du girare la voce, la diction parfaitement intelligible mais qui n’entrave pas l’espace vocal… Ce geste parfait vient de la déclamation théâtrale et permet toutes les subtilités vocales: nuances, couleurs, trilles, vitesse, précision rythmique, aisance à « passer » l’orchestre, respect du style... La souplesse vocale - la morbidezza - ainsi obtenue permet de satisfaire aux exigences stylistiques de tous les répertoires, y compris les plus exigeants.

Les aspects techniques du geste vocal

Le beau geste a aussi ses techniques: la bocca chiusa, la messa di voce, le filato, la bonne utilisation de la voce di testa et de la voce di petto, le mouvement de l’aperto-coperto qui donne leur qualité et leur sûreté aux notes aiguës, et bien d’autres encore…

Enfin, le beau geste puise ses racines dans l'engagement absolu du chanteur dans son interprétation, allant chercher en profondeur toute la palette des sentiments de son personnage pour les donner au public. Dominique Bourlet, dans Le Vlac! Approche napolitaine du chant lyrique, décrit magnifiquement cet engagement, qu'il compare à la puissance du jaillissement du Vésuve.